Irma – du jamais-vu à Cuba

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« La Havane, elle est en train de tomber en morceaux », a lancé le Québécois Éric Guilbert en entrevue téléphonique à Radio-Canada depuis la capitale cubaine.

« Les Cubains disent en riant que le plus grand ouragan qui a frappé Cuba a été celui du 1er janvier 1959 », a-t-il dit, en faisant référence à la date du coup d’État qui a couronné la révolution menée par Fidel Castro et Che Guevara.

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Irma : du jamais-vu à Cuba

Un humour qui masque le désarroi d’une population dépassée par les événements.

Ils n’ont rien pour faire face à tout ça. Ils n’ont pas de ressources. On ne peut pas aller acheter du contreplaqué pour protéger ses fenêtres et sa maison : il n’y en a pas, ça n’existe pas, et il n’y aurait pas d’argent de toute façon. Le salaire moyen d’un fonctionnaire d’État est de 17 $ par mois. Ce n’est même pas suffisant pour se nourrir.

Irma : du jamais-vu à Cuba

Éric Guilbert, en entrevue à Radio-Canada

« La particularité, et c’est du jamais vu ici à La Havane, c’est le niveau de la mer, les marées hautes qu’on a vues, a noté M. Guilbert. Il y a des endroits où on n’a jamais vu ça dans l’histoire. Il y a de l’eau jusqu’à certaines rues où l’eau n’est jamais montée. »

C’est notamment le cas du Malecon, célèbre boulevard de bord de mer havanais, où « la mer a avancé comme jamais elle ne l’avait fait auparavant », a dit Mercedes Lopez Acea, présidente du conseil de défense de La Havane.

« Cela fait 49 ans que j’habite ici, c’est la première fois. Il y a toujours eu un peu de pénétration de la mer, mais jamais autant, à ce niveau », a témoigné auprès de l’AFP Ernesto Loza.

Nous avons eu peur. Les rafales de vent étaient très fortes, ce n’est qu’aujourd’hui, à la lumière du jour, que nous avons pu faire le point […] Il y a pas mal de dégâts.

Yasel Vargas, un résident de la vieille ville
Une rue de Caibarién, ville du centre de la côte septentrionale de l'île, dévastée par Irma.
Une rue de Caibarién, ville du centre de la côte septentrionale de l’île, dévastée par Irma. Photo : Reuters/Alexandre Meneghini

Des touristes inquiets

Sonya Bisson, une Québécoise en voyage à Varadero, a passé la soirée de vendredi et la nuit suivante dans le sous-sol de son hôtel.

« Ils sont venus nous chercher hier vers 11 h 30, juste avant l’heure du dîner, a-t-elle relaté. Ils nous ont emmenés dans ce qu’ils appellent “le bunker”, le sous-sol de l’hôtel. On a passé 17 heures dans le sous-sol. Et 500 personnes dans un sous-sol, c’est un peu long. On est sorti vers 4 h du matin. »

« Il y a quand même assez de dommages, a constaté Mme Bisson. Cet ouragan a cassé beaucoup d’arbres, évidemment, des tuiles des toits qui ont décollé et qui sont rentrées dans les portes-patio. Les balcons, on ne peut pas les utiliser… »

Censée revenir au Canada lundi, Sonya Bisson n’était sûre de rien, samedi matin.

« On n’a aucune information, a-t-elle déploré. On ne sait pas ce qui arrive avec Sunwing. On est un petit peu déçus, parce que [les voyageurs de] WestJet ont tous été rapatriés d’urgence. Même affaire pour Air Transat. Mais nous, on est laissés à nous-mêmes. On n’a aucune idée de ce qui arrive. »

Sunwing a fait valoir dans un communiqué que « le plan d’évacuation à Cuba était particulièrement complexe » pour elle puisqu’elle y avait plus de clients que n’importe quelle autre compagnie aérienne canadienne.

« Nous travaillons en collaboration avec les officiers locaux afin de ramener les clients à la maison aussitôt que l’aéroport de Varadero sera rouvert », a mentionné le transporteur.

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